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Nasser Al-Khelaïfi visé par une enquête pour prise illégale d’intérêts : ce que l’on sait

Nasser Al-Khelaïfi, président du PSG, dans les tribunes lors d'un match

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire visant Nasser Al-Khelaïfi pour prise illégale d’intérêts, confiée à la brigade financière anticorruption. Le président du PSG est soupçonné d’avoir utilisé ses fonctions cumulées pour peser sur l’attribution des droits TV de la Ligue 1 en 2024, ce que son entourage juge « absurde ».

Pourquoi une enquête vise-t-elle Nasser Al-Khelaïfi ?

Le parquet de Paris confie à la brigade financière anticorruption une enquête préliminaire pour prise illégale d’intérêts contre Nasser Al-Khelaïfi, président du Paris Saint-Germain. La procédure fait suite à un signalement déposé le 3 mars 2026 par l’association anticorruption Anticor, selon plusieurs médias, dont Eurosport et franceinfo.

Le dossier vise un épisode précis : la manière dont les droits TV de la Ligue 1 ont été attribués à l’été 2024, en pleine crise audiovisuelle du football français, après l’échec du premier appel d’offres et le retrait de Mediapro puis de DAZN les saisons précédentes. Cette procédure est distincte des autres dossiers judiciaires ayant déjà visé Nasser Al-Khelaïfi par le passé, détaillés plus bas dans cet article.

Quels faits précis lui sont reprochés ?

Anticor soupçonne Nasser Al-Khelaïfi d’avoir usé de sa triple casquette, président du PSG, président de beIN Media Group et administrateur de la Ligue de football professionnel, pour orienter le conseil d’administration de la LFP en faveur de beIN Sports dans le dossier des droits TV.

À l’été 2024, deux options s’affrontent pour sauver la diffusion de la Ligue 1 : la création d’une chaîne interne à la Ligue, ou un accord avec DAZN complété par beIN Sports pour une partie des rencontres du dimanche soir. C’est cette seconde option qui l’emporte, avec un montant final nettement inférieur aux 600 à 700 millions d’euros initialement promis par beIN Sports.

Comment Nasser Al-Khelaïfi a-t-il réagi ?

Le magazine « Complément d’enquête » (France 2) a depuis diffusé des extraits d’une vidéoconférence tendue tenue le 14 juillet 2024 entre les présidents de clubs et Vincent Labrune, patron de la LFP, où plusieurs dirigeants, dont John Textor (Lyon) et Joseph Oughourlian (Lens), reprochent déjà à Nasser Al-Khelaïfi son influence sur les débats.

« Absurde », des allégations « dépourvues de fondement »

— l’entourage et les avocats de Nasser Al-Khelaïfi, propos rapportés par plusieurs médias

Sollicités, les proches et conseils du président du PSG rejettent fermement toute accusation. Ils qualifient la démarche d’Anticor d’infondée et rappellent que l’ouverture d’une enquête préliminaire ne présume en rien d’une culpabilité : elle permet seulement aux enquêteurs de vérifier la réalité des faits signalés, avant de décider d’un classement ou d’une suite judiciaire.

⚖️ Fiche de l’enquête
ParquetParquet de Paris
Brigade en chargeBrigade financière anticorruption
OrigineSignalement d’Anticor, déposé le 3 mars 2026
Faits visésAttribution des droits TV de la Ligue 1, été 2024
Infraction viséePrise illégale d’intérêts (art. 432-12 du code pénal)
Peine encourue5 ans d’emprisonnement, 500 000 € d’amende

Que risque le président du PSG ?

Le délit de prise illégale d’intérêts, prévu par l’article 432-12 du code pénal, est puni en théorie de cinq ans d’emprisonnement et de 500 000 euros d’amende, un montant pouvant être porté au double du produit tiré de l’infraction. Ces peines maximales ne s’appliquent qu’en cas de condamnation définitive, une échéance encore lointaine puisque l’enquête n’en est qu’à son stade préliminaire.

Concrètement, la brigade financière anticorruption doit d’abord établir si Nasser Al-Khelaïfi a matériellement pesé sur le vote du conseil d’administration de la Ligue, et si son intérêt personnel via beIN Sports était de nature à compromettre son impartialité en tant qu’administrateur. Rien ne garantit à ce stade qu’une mise en examen suivra : une enquête préliminaire peut tout aussi bien déboucher sur un classement sans suite.

Nasser Al-Khelaïfi a-t-il déjà eu affaire à la justice ?

Cette enquête préliminaire n’est pas la première procédure à viser Nasser Al-Khelaïfi, mais elle porte sur des faits distincts de ses précédents dossiers judiciaires :

  • 2020 — Acquittement définitif en Suisse dans l’affaire des droits TV de la Coupe du monde, jugé aux côtés de l’ancien secrétaire général de la FIFA Jérôme Valcke.
  • Février 2025 — Mise en examen pour complicité d’abus de pouvoir dans l’affaire Lagardère, où la justice examine s’il a pesé sur un vote du fonds souverain qatari QIA en 2018 en faveur d’Arnaud Lagardère ; ce dossier reste en cours.
  • Septembre 2026 — Ouverture de l’enquête préliminaire pour prise illégale d’intérêts détaillée dans cet article, concernant les droits TV de la Ligue 1.

Cette accumulation de procédures, distinctes les unes des autres mais toutes liées à l’exercice de ses responsabilités, en dit finalement plus long sur le climat que sur une culpabilité qui reste à démontrer : depuis une décennie, la frontière entre les intérêts du PSG, ceux de beIN Sports et ceux du football français se retrouve régulièrement questionnée par la justice, sans qu’aucune de ces procédures françaises n’ait pour l’instant abouti à une condamnation définitive à son encontre.

La gouvernance de la LFP est-elle aussi questionnée ?

Cette enquête arrive alors que la LFP traverse elle-même une zone de turbulences sur sa gouvernance. Une mission d’information parlementaire a pointé des bonus significatifs perçus par ses dirigeants après la conclusion de l’accord DAZN-beIN Sports : la rémunération de Vincent Labrune, président de la Ligue, était ainsi passée de 400 000 à 1,2 million d’euros bruts annuels, complétée par un bonus de 3 millions d’euros lié au succès de l’opération, un mécanisme que les rapporteurs de la mission jugent porteur d’un conflit d’intérêts structurel pour l’ensemble des dirigeants de la Ligue. Vincent Labrune a depuis annoncé une division par trois de sa rémunération mensuelle à partir du 1ᵉʳ octobre.

Une loi sur l’organisation, la gestion et le financement du sport professionnel, promulguée le 3 août 2026, impose désormais à la Fédération française de football, à la LFP et aux clubs de rebâtir leur gouvernance dans un délai de six mois.

Et maintenant ?

À ce stade préliminaire, aucun calendrier officiel n’a été communiqué pour la suite de la procédure. La brigade financière anticorruption doit exploiter le signalement d’Anticor et déterminer s’il existe des éléments suffisants pour ouvrir une information judiciaire, seule étape qui pourrait déboucher sur une mise en examen de Nasser Al-Khelaïfi. Le PSG entame en parallèle sa saison de Ligue 1 et de Ligue des champions sans que cette procédure n’affecte, à ce jour, la vie sportive du club. Le dossier des droits TV continue de peser sur l’ensemble du football français. Cette même saison, beIN Sports a aussi cessé de diffuser la Liga en France, un nouveau signe des difficultés que traverse le secteur audiovisuel sportif hexagonal.

Questions fréquentes

Qui a ouvert l’enquête contre Nasser Al-Khelaïfi ?

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire, confiée à la brigade financière anticorruption, après un signalement de l’association Anticor déposé le 3 mars 2026.

Sur quels faits porte l’enquête ?

L’enquête vise un possible délit de prise illégale d’intérêts lors de l’attribution des droits TV de la Ligue 1 à l’été 2024, période où Nasser Al-Khelaïfi cumulait les fonctions de président du PSG, de patron de beIN Media Group et d’administrateur de la LFP.

Qu’est-ce que la prise illégale d’intérêts ?

C’est un délit prévu par l’article 432-12 du code pénal : le fait, pour une personne chargée d’une mission de service public, de prendre ou conserver un intérêt de nature à compromettre son impartialité dans une affaire qu’elle est chargée de surveiller ou d’administrer.

Que risque Nasser Al-Khelaïfi en cas de condamnation ?

Le code pénal prévoit jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 500 000 euros d’amende pour prise illégale d’intérêts. L’enquête n’en est toutefois qu’à un stade préliminaire, une étape encore loin d’une éventuelle mise en examen ou condamnation.

Qui est l’association Anticor ?

Anticor est une association française de lutte contre la corruption, habilitée à signaler des faits aux parquets. C’est son signalement, déposé le 3 mars 2026, qui est à l’origine de cette enquête préliminaire.

Cette enquête est-elle liée à d’autres procédures visant Nasser Al-Khelaïfi ?

Non, elle porte sur des faits distincts. Nasser Al-Khelaïfi a aussi été mis en examen en février 2025 dans l’affaire Lagardère (toujours en cours) et avait été définitivement acquitté en 2020 en Suisse dans l’affaire des droits TV de la Coupe du monde.

Que se passe-t-il après une enquête préliminaire ?

Une enquête préliminaire permet aux enquêteurs de vérifier des faits avant toute décision. Elle peut déboucher sur un classement sans suite, une convocation, ou l’ouverture d’une information judiciaire pouvant mener à une mise en examen.

Comment le PSG et Nasser Al-Khelaïfi ont-ils réagi ?

Son entourage et ses avocats ont qualifié la démarche d’« absurde » et jugé les accusations dépourvues de fondement, selon plusieurs médias qui ont rapporté leurs propos.

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