Ferhat Gündoğdu, président du Comité central des arbitres (MHK) de la Fédération turque de football (TFF), a été placé en détention provisoire avec quatre autres personnes, selon une décision connue samedi 3 octobre 2026. Ils sont soupçonnés d’avoir manipulé le classement, les désignations et les examens des arbitres. Ils restent présumés innocents. Voici ce que l’on sait de l’affaire dite du « dossier des arbitres ».
Mis à jour le 3 octobre 2026. Cet article sera complété à mesure que la justice turque ou la TFF communiqueront de nouveaux éléments.
- Qui : Ferhat Gündoğdu, président du MHK, et 4 autres personnes sont en détention provisoire depuis le samedi 3 octobre 2026. Les 2 autres suspects sont libres sous contrôle judiciaire.
- Quoi : ils sont poursuivis pour falsification de documents officiels, abus de confiance et obtention illégale de données personnelles, sur fond de classements et de désignations d’arbitres soupçonnés d’avoir été faussés.
- Où en est l’affaire : l’instruction se poursuit à Istanbul et aucune date de procès n’a été annoncée. Les 7 suspects restent présumés innocents.
Les dates clés
Entre les 7 gardes à vue du mardi 29 septembre 2026 et les 5 placements en détention du samedi 3 octobre, l’affaire a basculé en 5 jours, au terme d’une enquête ouverte un an plus tôt.
- 23 juillet 2024 : Ferhat Gündoğdu est nommé à la tête du MHK, après l’élection d’İbrahim Hacıosmanoğlu à la présidence de la TFF ;
- 15 septembre 2025 : dépôt d’une plainte et d’un témoignage à l’origine de l’enquête ;
- mardi 29 septembre 2026 : sept personnes, dont Ferhat Gündoğdu, sont placées en garde à vue ;
- vendredi 2 octobre 2026 : les suspects sont déférés au palais de justice de Çağlayan, à Istanbul ;
- samedi 3 octobre 2026 : cinq placements en détention provisoire, deux contrôles judiciaires.
Qui a été placé en détention provisoire ?
Le samedi 3 octobre 2026, un juge d’Istanbul a placé en détention provisoire 5 des 7 suspects, dont Ferhat Gündoğdu. Les 2 autres ont été libérés sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire, selon Hürriyet et Al Jazeera.
| Nom | Fonction | Décision du 3 octobre 2026 |
|---|---|---|
| Ferhat Gündoğdu | Président du MHK | Détention provisoire |
| Ferdi Karadoruk | Président de l’association des arbitres en activité | Détention provisoire |
| Yunus Yıldırım | Ancien membre du MHK | Détention provisoire |
| Emre Kosif | Président du comité des arbitres de la province d’Istanbul (association des arbitres et observateurs) | Détention provisoire |
| Alican Sağlar | Responsable de l’organisation de la branche d’Istanbul de l’association des arbitres et observateurs | Détention provisoire |
| Ahmet Şahin | Ancien vice-président du MHK | Contrôle judiciaire |
| Sebahattin Şahin | Responsable de la formation et de la 4e région à la TFF, membre du MHK selon Daily Sabah | Contrôle judiciaire |
Le nom qui pèse le plus est celui de Ferhat Gündoğdu, président en exercice du MHK, l’instance qui gère l’arbitrage professionnel en Turquie. Les fonctions des autres suspects sont celles citées par Hürriyet et Daily Sabah.
Ferhat Gündoğdu n’est pas un ancien sifflet de premier plan. Né en 1969, ce colonel à la retraite, docteur en management du sport, n’a arbitré qu’environ un an au plus haut niveau, selon Fanatik. Il avait déjà présidé le MHK lors de la saison 2021-2022, avant d’y revenir à l’été 2024, rappelle A Spor.
Que leur reproche-t-on exactement ?
D’après la décision du samedi 3 octobre 2026 rapportée par Al Jazeera et Hürriyet, les suspects sont poursuivis pour 3 chefs : falsification de documents officiels, abus de confiance et obtention illégale de données personnelles. Selon Daily Sabah et Euronews Türkçe, le dossier mentionne aussi des faits de harcèlement moral au travail (« mobbing ») envers certains arbitres.
Le ministre turc de la Justice, Akın Gürlek, a expliqué que les enquêteurs examinaient des soupçons d’ingérence dans le classement des arbitres, leurs désignations, leur notation et les examens sur les lois du jeu. D’après Hürriyet, le tribunal estime que des données personnelles sur les arbitres auraient été collectées de façon irrégulière, puis utilisées pour les désignations, au détriment du mérite. Certains arbitres auraient ainsi été écartés des matchs sans motif objectif, quand d’autres auraient été favorisés.
Daily Sabah évoque des messages dans lesquels il serait question de priver des observateurs de désignations pour les pousser à la démission, ainsi que des questions et des notes d’un examen d’arbitres organisé en 2025 au centre de Riva, modifiées après coup. Ces éléments restent des accusations à ce stade.
Comment l’enquête a-t-elle été menée ?
Le parquet général d’Istanbul a ouvert le « dossier des arbitres » après une plainte et un témoignage déposés le 15 septembre 2025, plus d’un an avant les 7 gardes à vue du 29 septembre 2026, selon Daily Sabah et Euronews Türkçe.
Selon le parquet, cité par Daily Sabah, les enquêteurs ont recueilli les déclarations de plaignants et de témoins, commandé des expertises, épluché des relevés téléphoniques et obtenu des données financières auprès de la MASAK, la cellule turque de lutte contre la criminalité financière. Le coup de filet du 29 septembre a visé des adresses à Istanbul, Ankara, Elazığ et Manisa. La salle VAR du centre technique national de la fédération a également été inspectée, selon Al Jazeera et Turkish Minute.
Dans la soirée du jeudi 1er octobre, la police a aussi placé en garde à vue un arbitre de Süper Lig, Yasin Kol, ainsi qu’un arbitre assistant, selon l’AFP citée par Al Jazeera. Turkish Minute évoque pour sa part deux arbitres de Süper Lig.
Que répond Ferhat Gündoğdu ?
Déféré le vendredi 2 octobre 2026 au palais de justice de Çağlayan, à Istanbul, Ferhat Gündoğdu conteste l’ensemble des accusations. Dans sa déposition à la police, il a rejeté les accusations de harcèlement, selon Habertürk ; devant le juge, il s’est dit innocent et a demandé sa remise en liberté, rapporte Hürriyet.
Il a reconnu appeler des arbitres avant les matchs, mais pour leur « remonter le moral », selon sa déposition citée par Habertürk. Il soutient aussi que les évaluations reposaient sur les performances et les décisions collectives du MHK. Confronté à un enregistrement audio retrouvé dans son téléphone, il a déclaré ne pas s’en souvenir et avoir appris son existence sur les réseaux sociaux, d’après Hürriyet.
Quelle est la réaction de la Fédération turque ?
La TFF a publié un communiqué dès le mardi 29 septembre 2026, jour des 7 gardes à vue. Son conseil d’administration affirme travailler « avec détermination » depuis son élection pour rétablir la confiance du public et défendre un football « propre » et le « fair-play », selon A Spor et Turkish Minute.
La fédération précise avoir déposé plusieurs plaintes pénales auprès du parquet d’Istanbul depuis avril 2025, et avoir transmis des documents à l’Institut médico-légal pour des analyses d’empreintes et d’ADN. Elle dit faire confiance à la justice et invite le public à s’en tenir aux déclarations des autorités compétentes. Le ministre de la Justice a, lui, promis de continuer le combat :
« Nous poursuivrons résolument le combat pour un football propre, afin que […] les responsables rendent des comptes. »
— Akın Gürlek, ministre turc de la Justice, cité par Turkish Minute (traduction)
Quel lien avec le scandale des paris de 2025 ?
Le 27 octobre 2025, 11 mois avant les gardes à vue du « dossier des arbitres », le président de la TFF, İbrahim Hacıosmanoğlu, révélait que 371 des 571 arbitres des ligues professionnelles possédaient un compte chez un opérateur de paris, et que 152 d’entre eux pariaient activement sur le football. Les deux affaires sont distinctes, mais elles se suivent à un an d’intervalle.
Le 31 octobre 2025, la fédération suspendait 149 arbitres et arbitres assistants pour huit à douze mois, selon ESPN. Un arbitre avait parié sur 18 227 matchs. Le 10 novembre, 1 024 joueurs, dont 27 de Süper Lig, étaient renvoyés devant la commission de discipline. Puis le 5 décembre, le parquet d’Istanbul émettait 46 mandats d’arrêt visant notamment Mert Hakan Yandaş (Fenerbahçe), Metehan Baltacı (Galatasaray) et l’arbitre Zorbay Küçük, selon Euronews.
Le volet disciplinaire n’est d’ailleurs pas refermé : le 30 septembre 2026, au lendemain des gardes à vue, 448 dirigeants de clubs actuels ou passés de Süper Lig et de deuxième division ont été renvoyés devant la commission de discipline pour avoir parié pendant leur mandat, selon Medyascope et Turkish Minute.
Pourquoi l’affaire Gündoğdu est-elle plus grave que le scandale des paris ?
En 2025, le scandale des paris visait 152 arbitres qui pariaient chacun de leur côté. Depuis le 29 septembre 2026, c’est l’institution chargée d’assainir l’arbitrage qui se retrouve visée. Le MHK de Ferhat Gündoğdu était l’organe en place quand la fédération a lancé sa grande purge de 2025 : si les soupçons de favoritisme se confirmaient, la question posée aux clubs deviendrait embarrassante. Qui a décidé quels arbitres sifflaient les gros matchs, et selon quels critères ? Dans un championnat où la moindre erreur d’arbitrage dans un derby d’Istanbul tourne à l’affaire d’État, le doute risque de peser sur les désignations faites depuis 2024, et les clubs ne manqueront pas de s’en servir.
Qui dirige l’arbitrage turc pendant l’enquête ?
Au samedi 3 octobre 2026, la TFF n’a pas annoncé qui remplacera Ferhat Gündoğdu à la tête du MHK. La détention provisoire n’est pas une condamnation. L’instruction va se poursuivre, et aucune date de procès n’a été annoncée. Un nom revient pour piloter l’arbitrage turc pendant ce temps, selon Cumhuriyet : l’ancien arbitre anglais Anthony Taylor, recruté en août 2026 comme directeur de l’arbitrage d’élite au sein du MHK, selon beIN Sports Türkiye.
Le journaliste sportif Ayhan Şensoy a confié à l’AFP (citée par Al Jazeera) y voir une suite logique de 2025, et prévoit que l’affaire est loin d’être terminée.
Questions fréquentes
Qui est Ferhat Gündoğdu ?
Ferhat Gündoğdu (parfois orthographié Gundogdu), né en 1969, est le président du Comité central des arbitres (MHK) de la Fédération turque de football depuis juillet 2024, poste qu’il avait déjà occupé en 2021-2022. Colonel à la retraite et docteur en management du sport, il n’a arbitré qu’environ un an au plus haut niveau.
Qu’est-ce que le MHK en Turquie ?
Le MHK (Merkez Hakem Kurulu), ou Comité central des arbitres, est l’organe de la Fédération turque de football qui gère l’arbitrage professionnel. Il désigne les arbitres des matchs, les note, établit leur classement et organise leurs examens. Ferhat Gündoğdu le préside depuis juillet 2024, selon A Spor.
Pourquoi le patron des arbitres turcs est-il en prison ?
Il est soupçonné, avec quatre autres responsables, d’avoir manipulé le classement, les désignations, la notation et les examens des arbitres. Les chefs retenus sont la falsification de documents officiels, l’abus de confiance et l’obtention illégale de données personnelles. Il nie et reste présumé innocent.
Quelles accusations visent Ferhat Gündoğdu ?
Selon Hürriyet et Al Jazeera, les suspects du « dossier des arbitres », dont Ferhat Gündoğdu, sont poursuivis pour falsification de documents officiels, abus de confiance et obtention illégale de données personnelles. D’après Daily Sabah, le dossier évoque aussi du harcèlement moral envers des arbitres. Ferhat Gündoğdu nie tout et reste présumé innocent.
Quand aura lieu le procès du patron des arbitres turcs ?
Aucune date n’a été annoncée au samedi 3 octobre 2026. L’instruction du parquet d’Istanbul se poursuit, et un acte d’accusation doit encore être rédigé avant tout procès. La détention provisoire n’est pas une condamnation : Ferhat Gündoğdu, qui a demandé sa remise en liberté, reste présumé innocent.
Cette affaire est-elle liée aux paris sportifs ?
Non, pas directement. L’enquête de 2026 porte sur la gestion de l’arbitrage. Le scandale des paris date de l’automne 2025 : 152 arbitres pariaient activement sur le football et 149 ont été suspendus de huit à douze mois par la fédération.
Combien de personnes sont visées par le « dossier des arbitres » ?
Sept personnes ont été placées en garde à vue le 29 septembre 2026. Cinq, dont Ferhat Gündoğdu, ont été placées en détention provisoire le samedi 3 octobre 2026, et deux anciens ou actuels responsables ont été libérés sous contrôle judiciaire avec interdiction de sortie du territoire.








