Deux jours après une décision qui a ébranlé le football africain, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) a pris la parole. Dans un communiqué au ton mesuré mais ferme, le Maroc tente de clarifier sa position après que la CAF lui a attribué le titre de la CAN 2025 sur tapis vert, au détriment d’une sélection sénégalaise sous le choc.
« Uniquement l’application du règlement »
La FRMF est claire sur un point fondamental : sa démarche n’était pas sportive mais strictement réglementaire. « Notre démarche n’a jamais eu pour objet de contester la performance sportive des équipes engagées dans cette compétition, mais uniquement de demander l’application du règlement de la compétition », indique le communiqué officiel.
En d’autres termes, le Maroc reconnaît implicitement la valeur sportive des Lions de la Téranga — qui avaient remporté la finale 1-0 après prolongations sur la pelouse de Casablanca — mais maintient que le Sénégal a violé les règles en quittant temporairement le terrain lors d’une phase critique du match, en protestation contre une décision arbitrale. C’est cet abandon provisoire du terrain qui a conduit au recours marocain.

Le contexte de la finale : que s’est-il passé exactement ?
Pour comprendre la décision de la CAF, il faut remonter aux dernières minutes de la finale. Alors que le match était disputé, une décision de l’arbitre a provoqué la colère des joueurs sénégalais, qui ont quitté le terrain en signe de protestation. L’arbitre a exercé son pouvoir discrétionnaire en suspendant temporairement la rencontre, avant que les Lions de la Téranga ne reviennent et ne la terminent normalement.
C’est sur la base de cet abandon de terrain que la FRMF a déposé son recours, invoquant l’article 84 du règlement de la CAN. Le jury d’appel de la CAF lui a donné raison le 17 mars, homologuant un score de forfait 3-0 en faveur du Maroc — une décision inédite dans l’histoire de la compétition.
Une décision de la CAF sans précédent
L’onde de choc a été immédiate. Samir Nasri, consultant sur Canal+, a été direct : « Ça décrédibilise la CAF encore une fois ! » Jamie Carragher a exprimé son incrédulité en direct sur CBS Sports. Dans le monde du football, l’incompréhension est quasi-unanime : on peut valider la légalité de la décision tout en questionnant son opportunité.
Du côté du Sénégal, la réaction a été immédiate et radicale. La FSF a saisi le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) et brandit la menace d’un boycott des prochaines éditions de la CAN. Une escalade qui fragilise un peu plus la crédibilité de la CAF et du football africain dans son ensemble.
La FRMF annonce un communiqué complémentaire
La Fédération marocaine a indiqué qu’elle publierait « prochainement un communiqué complémentaire pour apporter davantage de précisions » sur cette affaire. Une clarification attendue, tant les zones d’ombre restent nombreuses. La posture légaliste du Maroc — défendable sur le papier — peine à convaincre dans un continent où la CAN est bien plus qu’une simple compétition : c’est une fête sportive à laquelle des millions de supporters accordent une valeur immense.
Le dossier est désormais entre les mains du TAS. La décision du tribunal genevois, attendue dans les prochaines semaines, sera déterminante pour l’avenir de cette affaire et pour la crédibilité des institutions du football africain. Quelle que soit l’issue, cet épisode révèle les failles d’un règlement qui devra impérativement être clarifié avant la prochaine édition. À suivre sur universdusport.fr.









