La Nazionale touche le fond. Éliminée par la Bosnie aux tirs au but lors des barrages intercontinentaux, l’Italie rate la Coupe du Monde 2026 pour la troisième fois consécutive (source : UEFA). Gabriele Gravina a officiellement quitté la présidence de la FIGC ce jeudi 2 avril. Le sélectionneur Gattuso et la légende Gianluigi Buffon lui emboîtent le pas. Une crise sans précédent dans l’histoire du football transalpin.
Pourquoi Gabriele Gravina a-t-il démissionné de la FIGC ?
Gabriele Gravina quitte officiellement la présidence de la Fédération Italienne de Football (FIGC) ce 2 avril 2026, au lendemain de l’élimination des Azzurri en barrages pour la Coupe du Monde. C’est la conclusion logique d’un règne marqué par deux qualifications manquées de suite et une accumulation de mauvais choix sportifs sous sa gouvernance.
Président de la FIGC depuis 2018 — ironie cruelle, l’année même où l’Italie ratait déjà le Mondial russe — Gravina n’a jamais réussi à faire décoller la sélection durablement. La victoire à l’Euro 2020 disputé en 2021 avait semblé relancer la machine. Mais cette parenthèse enchantée n’a pas suffi à masquer les profondes failles structurelles du football italien.
Sa démission était attendue dès la nuit du 31 mars, après la défaite aux tirs au but face à la Bosnie. Il a formalisé son départ le lendemain, laissant la fédération sans président à moins de trois mois du coup d’envoi du Mondial aux États-Unis, au Canada et au Mexique.
Gattuso et Buffon aussi sur le départ : qui prendra les rênes ?
La démission de Gravina n’est que la partie visible de l’iceberg. Le sélectionneur Gennaro Gattuso, nommé dans l’urgence pour tenter de sauver la qualification, paie lui aussi l’addition. Son départ est acté. La légende Gianluigi Buffon, qui occupait un rôle au sein du staff technique de la fédération, quittera lui aussi ses fonctions dans les prochains jours.
L’hémorragie ne s’arrête pas là. Roberto Mancini, l’homme qui avait conduit l’Italie au sacre européen en 2021, avait déjà abandonné le navire avant même la phase de qualification. Son départ précipité vers la sélection saoudienne avait privé les Azzurri de leur architecte tactique au pire moment. Une décision dont les conséquences continuent de se faire sentir.
La FIGC se retrouve désormais dans une situation inédite : reconstruire de fond en comble une équipe nationale, une fédération et un projet sportif cohérent. Trouver un nouveau président, un nouveau sélectionneur et redéfinir une philosophie de jeu — tout cela en un temps record, alors même que le Mondial se déroulera sans eux.
Pourquoi l’Italie a-t-elle raté trois Coupes du Monde consécutives ?
Le chiffre est historiquement dévastateur : l’Italie rate sa troisième Coupe du Monde consécutive (source : FIFA/FIGC). Champion du monde en 2006 à Dortmund, quadruple champion du monde au total, la Nazionale n’a plus foulé les pelouses d’un Mondial depuis le Brésil 2014. Douze ans d’absence sur la plus grande scène du football mondial.
En 2018, l’élimination face à la Suède en barrages avait stupéfié le monde. En 2022, la défaite contre la Macédoine du Nord — quelques mois à peine après le triomphe à l’Euro — avait plongé le pays dans la sidération. En 2026, c’est la Bosnie qui a porté le coup fatal aux tirs au but, dans un scénario cruel qui révèle les manques criants de cette génération, jamais réellement au rendez-vous quand ça compte.
Pourtant, les talents ne manquaient pas sur le papier. La défaite aux barrages du 31 mars a confirmé un mal profond : l’Italie ne sait plus transformer son potentiel individuel en efficacité collective. Federico Dimarco, Alessandro Bastoni, Sandro Tonali… des joueurs de classe mondiale qui n’ont pas réussi à peser dans les moments décisifs.
Les chiffres de la honte
- 3 qualifications mondiales ratées consécutivement (2018, 2022, 2026) — du jamais vu pour une nation fondatrice du football (source : FIFA)
- 12 ans d’absence au Mondial — le dernier tournoi disputé remonte au Brésil 2014 (source : FIFA)
- 4 titres mondiaux au palmarès (1934, 1938, 1982, 2006), mais une génération entière privée de Coupe du Monde (source : FIGC)
- 1 seul titre majeur en douze ans : l’Euro 2020 disputé en 2021 (source : UEFA)
L’Euro 2032 peut-il être retiré à l’Italie ?
Alors que le football italien panse ses plaies sportives, une autre menace plane au-dessus de la Botte. Aleksander Ceferin, président de l’UEFA, a averti publiquement que l’organisation de l’Euro 2032, co-attribué à l’Italie et à la Turquie, pourrait être remise en question si les infrastructures ne sont pas prêtes à temps.
« J’espère que les infrastructures seront prêtes. Sinon, le tournoi ne se déroulera pas en Italie. »
— Aleksander Ceferin, président de l’UEFA, 2 avril 2026
Un avertissement qui sonne comme un ultimatum à six ans de l’événement. Plusieurs stades italiens prévus pour accueillir l’Euro 2032 — dont le Stadio Meazza de Milan et le Stadio Olimpico de Rome — accusent d’importants retards de rénovation. La FIGC en pleine reconstruction institutionnelle sera bien en peine de garantir le respect des délais UEFA.
La Turquie, co-organisatrice, suit l’affaire de près. Si l’Italie ne tient pas ses engagements, Istanbul pourrait se retrouver seule à accueillir le tournoi, ou une redistribution des sites à d’autres nations européennes serait envisagée selon les textes UEFA.
Questions fréquentes
Pourquoi Gabriele Gravina a-t-il démissionné ?
Gabriele Gravina a quitté la présidence de la FIGC le 2 avril 2026 après l’élimination de l’Italie en barrages de la Coupe du Monde face à la Bosnie. C’est la troisième qualification mondiale ratée sous son mandat, entamé en 2018.
Qui sont les autres départs à la FIGC ?
Le sélectionneur Gennaro Gattuso et Gianluigi Buffon, figure du staff fédéral, quittent également leurs fonctions. Roberto Mancini avait pour sa part quitté la tête de la sélection avant même le début de la phase de qualification.
Combien de Coupes du Monde consécutives l’Italie a-t-elle ratées ?
Avec trois éliminations consécutives en phase de qualification (2018, 2022, 2026), l’Italie établit un record historique négatif. Quadruple championne du monde, la Nazionale n’a plus participé à un Mondial depuis le Brésil 2014, soit 12 ans d’absence ininterrompue (source : FIFA).
L’Euro 2032 peut-il vraiment être retiré à l’Italie ?
Le président de l’UEFA Aleksander Ceferin a officiellement mis en garde l’Italie sur l’état de ses infrastructures. Si les stades prévus (dont le Meazza et l’Olimpico) ne sont pas rénovés dans les délais, l’UEFA pourrait reconsidérer l’attribution du tournoi. La co-organisation avec la Turquie reste en place pour l’instant.
Qui pourrait remplacer Gravina à la tête de la FIGC ?
Aucun nom officiel n’a été avancé à ce stade. Des élections fédérales devront être organisées pour désigner le successeur de Gravina. La priorité sera de stabiliser l’institution et de lancer le chantier de la reconstruction sportive des Azzurri.
Et maintenant ?
Le football italien entre dans une période de reconstruction totale. La FIGC doit désigner un président par intérim en urgence, puis organiser des élections fédérales. Parallèlement, la recherche d’un nouveau sélectionneur va débuter — une mission titanesque dans un pays où le football est une religion et où chaque choix sera scruté à la loupe par des millions de tifosi exaspérés.
Sur le plan des infrastructures, l’Italie devra livrer des résultats concrets avant 2029 pour convaincre l’UEFA de maintenir l’organisation de l’Euro 2032 sur son sol. Les travaux du Stadio Meazza à Milan et du Stadio Olimpico à Rome sont particuliers à surveiller. Un chantier colossal qui nécessitera une gouvernance fédérale stable et décisive.
À l’horizon, un défi double : reconstruire sportivement pour retrouver le chemin du Mondial dès 2030, tout en livrant les infrastructures nécessaires. Pendant ce temps, les Azzurri regarderont de loin les 48 nations qualifiées pour le Mondial 2026 s’affronter en Amérique du Nord. Une punition collective que les supporters italiens devront endurer pour la troisième fois consécutive.









