Quarante-huit à quarante-six. Un score de rugby comme on n’en voit qu’une fois par décennie. Le XV de France a arraché son sacre au bout d’un Crunch d’anthologie contre l’Angleterre, grâce à une ultime pénalité de Thomas Ramos dans les ultimes secondes du temps additionnel. Les Bleus conservent leur couronne et s’offrent un deuxième titre consécutif dans le Tournoi des Six Nations.
Bielle-Biarrey, l’homme à quatre essais
S’il fallait retenir un nom de cette soirée de folie au Stade de France, ce serait celui de Louis Bielle-Biarrey. L’ailier girondin a tout simplement rayonné, inscrivant quatre essais en un seul match — une performance rare dans l’histoire du Tournoi. Sa vitesse de course, son sens du placement et sa capacité à surgir dans les moments décisifs ont été le cauchemar des défenseurs anglais tout au long de la rencontre.
À seulement 27 sélections, le Bordelais compte désormais 29 essais internationaux. Un ratio proprement ahurissant, qui le place parmi les finisseurs les plus redoutables du rugby mondial. Face à une Angleterre pourtant bien en place défensivement, il a été l’élément incontrôlable que nulle organisation ne peut totalement endiguer.
Ramos, l’imperturbable buteur du destin
Le scénario du match avait tout du roman noir. La France menait, l’Angleterre revenait, le match basculait dans tous les sens, les nerfs étaient à vif. Et puis, dans le bruit assourdissant d’un Stade de France en fusion, Thomas Ramos s’est avancé pour la pénalité de la dernière chance. Vingt-huit points inscrits dans la soirée — à la botte et à la gorge serrée — pour ce buteur d’exception qui n’a pas tremblé une seule fois.
Sa précision chirurgicale a offert aux Bleus leur troisième titre en cinq ans et leur tout premier doublé depuis les sacres de 2006 et 2007. Une page d’histoire, écrite dans les dernières secondes d’un match que l’on racontera longtemps.
La France, favorite pour la Coupe du monde 2027 ?
Cette victoire relance inévitablement le débat sur les ambitions tricolores à l’échéance mondiale. Dans dix-huit mois, la Coupe du monde se disputera en Australie, et le XV de Fabien Galthié apparaît aujourd’hui comme l’un des candidats sérieux au titre. La conquête est solide, le jeu au large est dévastateur, et la jeunesse du groupe laisse imaginer encore une marge de progression considérable.
L’Angleterre, de son côté, peut nourrir des regrets immenses. Avoir été à ce point dans le match, à cette étape de la compétition, prouve que les Anglais sont bien de retour. Mais dans le rugby comme dans la vie, les matches se gagnent au score final — et ce soir, c’est la Marseillaise qui a résonné en dernier.






