La FIFA a validé le déplacement du camp de base de l’Iran de Tucson (Arizona) vers Tijuana (Mexique) pour la Coupe du Monde 2026. Derrière ce changement de dernière minute : 46 ans de rupture diplomatique, des visas impossibles à obtenir et une géopolitique qui rattrape le football mondial.
Pourquoi l’Iran ne pouvait pas s’installer aux États-Unis ?
L’Iran et les États-Unis n’entretiennent aucune relation diplomatique depuis 1980. Depuis la crise des otages de l’ambassade américaine à Téhéran, 46 ans de rupture que rien n’a refermée (source : archives diplomatiques du Département d’État américain). Pour la sélection iranienne, disputer des matchs sur le sol américain représentait déjà un casse-tête. Y établir son camp de base était tout bonnement inenvisageable.
La situation s’est encore durcie début 2026. Des opérations militaires américano-israéliennes menées en Iran fin février ont rendu impossible l’obtention de visas en nombre suffisant pour les joueurs, le staff et l’ensemble de la délégation. Mehdi Taj, président de la fédération iranienne, a confirmé que les démarches consulaires étaient l’obstacle central. En se basant au Mexique, l’équipe entrera aux États-Unis par la frontière terrestre, ce qui contourne le blocage visa là où le transit direct depuis l’Iran était bloqué.
Tijuana, la solution logistique approuvée par la FIFA
La FIFA a confirmé lundi 25 mai 2026 les camps de base des 48 équipes qualifiées pour le Mondial. L’Iran est officiellement logé à Tijuana (Mexique), ville-frontière située à 30 kilomètres de San Diego et à 55 minutes de vol de Los Angeles selon la fédération iranienne, là où se jouent deux des trois matchs de groupe iraniens.
« Grâce aux réunions que nous avons eues avec les responsables de la FIFA, nos demandes ont été acceptées. Nous serons basés à Tijuana, au Centro Xoloitzcuintle, qui dispose de toutes les installations nécessaires : terrains d’entraînement, salle de sport, restaurant privé. »
— Mehdi Taj, président de la Fédération iranienne de football, 25 mai 2026
Le calendrier sportif de l’Iran en groupe G : face à la Nouvelle-Zélande le 15 juin à Los Angeles, contre la Belgique le 21 juin dans la même ville, puis contre l’Égypte le 26 juin à Seattle. Depuis Tijuana, les villes-hôtes américaines sont accessibles rapidement. L’équipe reste hors du territoire où les visas bloquent.
La FIFA sous le feu : « Les États-Unis auraient dû être sanctionnés »
L’affaire ne se résume pas à la logistique. Le journaliste d’investigation Romain Molina a réagi vivement à l’annonce le 25 mai 2026, générant plus de 271 000 vues sur Twitter selon les données enregistrées le jour même :
« Dans un monde normal, la FIFA devrait sanctionner les États-Unis. »
— Romain Molina, journaliste d’investigation football
La critique est directe. En tant que pays co-organisateur, les États-Unis avaient l’obligation de garantir l’accès à toutes les équipes qualifiées, y compris celles avec lesquelles Washington est en conflit ouvert. Au lieu de ça, ils ont sollicité officieusement le Mexique pour trouver une solution de remplacement. La FIFA a avalisé. Sans mise en demeure. Sans communiqué.
C’est inédit dans l’histoire des Coupes du Monde : jamais un pays organisateur n’avait refusé d’accueillir une équipe qualifiée sur son sol. Que cette situation passe sans sanction ni avertissement public pose une question sérieuse sur ce que valent réellement les garanties demandées par la FIFA avant d’attribuer de grandes compétitions.
L’Iran au Mondial 2026 : un groupe G à ne pas sous-estimer
L’Iran dispute le groupe G du Mondial 2026 avec la Belgique, l’Égypte et la Nouvelle-Zélande. La sélection iranienne n’a concédé qu’un seul but lors de ses éliminatoires asiatiques (selon les statistiques officiales de la Confédération asiatique de football, AFC). Face à des Belges en reconstruction post-Génération dorée et à une Égypte solide mais limitée offensivement, l’Iran a ses chances.
Mais la perturbation de ces derniers mois est réelle. Incertitude sur le camp de base, problèmes de visa, pression politique. D’autres équipes ont préparé leur tournoi sereinement. Les Iraniens, non. Comment un groupe absorbe-t-il mentalement une telle valse-hésitation institutionnelle quand le coup d’envoi est dans seize jours ? C’est la vraie question pour le sélectionneur.
Retrouvez les groupes complets du Mondial 2026 dans notre article dédié : Coupe du Monde 2026 : les 12 groupes complets avec les 48 pays qualifiés. La problématique des visas dépasse le seul cas iranien : de nombreux supporters africains font face aux mêmes obstacles, comme le révèle notre enquête sur les cautions de 17 000 dollars exigées pour un visa américain.
Et maintenant ?
Au 26 mai 2026, la délégation iranienne s’entraîne à Antalya (Turquie), où les demandes de visa se traitent plus facilement qu’en Iran direct. Le départ pour Tijuana est prévu début juin, avant le match d’ouverture face à la Nouvelle-Zélande le 15 juin à Los Angeles. La fédération iranienne étudie des vols charters via Iran Air pour éviter les escales compliquées dans des pays tiers.
La FIFA, elle, n’a fait aucune déclaration sur la responsabilité américaine dans ce dossier. Communication strictement logistique : problème réglé, on avance. Un silence qui arrange tout le monde à court terme, mais qui laisse les questions politiques entières pour la prochaine attribution de grande compétition.
Questions fréquentes
Pourquoi l’Iran ne peut-il pas s’installer aux États-Unis pour le Mondial 2026 ?
L’Iran et les États-Unis n’ont aucune relation diplomatique depuis 1980. Les tensions aggravées début 2026 ont rendu impossible l’obtention de visas pour la délégation iranienne. La FIFA a approuvé le transfert du camp de base vers Tijuana (Mexique), à 55 minutes de vol de Los Angeles.
Où sera le camp de base de l’Iran pour la Coupe du Monde 2026 ?
L’Iran sera basé à Tijuana (Mexique), au Centro Xoloitzcuintle. Initialement prévu à Tucson (Arizona, USA), le déménagement a été officialisé par la FIFA le 25 mai 2026 à la demande de la fédération iranienne.
Dans quel groupe joue l’Iran au Mondial 2026 ?
L’Iran est dans le groupe G avec la Belgique, l’Égypte et la Nouvelle-Zélande. Ses matchs de poule se déroulent à Los Angeles le 15 juin (vs Nouvelle-Zélande) et le 21 juin (vs Belgique), puis à Seattle le 26 juin contre l’Égypte.
La FIFA peut-elle sanctionner les États-Unis pour avoir refusé d’accueillir l’Iran ?
Juridiquement, la FIFA aurait pu exiger des garanties d’accueil de la part des États-Unis, co-organisateurs du Mondial 2026. Aucune sanction n’a été prononcée. Le journaliste Romain Molina a publiquement estimé que « dans un monde normal, la FIFA devrait sanctionner les États-Unis ».
Quand commence le Mondial 2026 ?
La Coupe du Monde 2026 débute le 11 juin 2026 et se termine le 19 juillet. Elle réunit pour la première fois 48 équipes réparties en 12 groupes de 4, co-organisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada sur 16 stades au total.









