Jonas Vingegaard a fracassé Paris-Nice 2026 de la plus belle des manières. Pour sa première course de la saison, le double vainqueur du Tour de France a livré une démonstration de force absolue, s’imposant au classement général avec 4 minutes et 23 secondes d’avance sur ses poursuivants — le plus grand écart de victoire sur la Course au Soleil depuis 1939.
Une entrée en matière fracassante
Partir une première fois en 2026 et immédiatement écraser une course WorldTour de huit étapes : c’est le scénario que Jonas Vingegaard a écrit du 8 au 15 mars. Alors que beaucoup attendaient de voir dans quel état de forme se présenterait le Danois après un hiver discret, sa réponse fut sans équivoque. Dès la quatrième étape, entre Bourges et Uchon (195 km), le maillot jaune changeait définitivement de propriétaire.
Cette étape-reine fut marquée par des conditions météorologiques éprouvantes et un drame : la chute et l’abandon de Juan Ayuso, l’un des grands favoris. À un kilomètre du sommet d’Uchon, le Danois lâchait tout le monde avec une facilité déconcertante, franchissant la ligne avec 41 secondes d’avance sur Daniel Felipe Martinez.
L’étape 5 : 20 kilomètres seul dans la montagne
Si l’étape 4 avait frappé les esprits, le lendemain allait tétaniser le peloton. Sur la route de Cormoranche-sur-Saône à Colombier-le-Vieux, Vingegaard attaqua à 20 kilomètres de l’arrivée. En solitaire. Personne ne répondit. Valentin Paret-Peintre et Harold Tejada complétèrent un podium d’étape à presque deux minutes du Danois.
Son coéquipier Victor Campenaerts résuma l’affaire avec trois mots devenus viraux : « Killer Jonas destroyed everybody. » La formule était parfaite. Avec le bonif de 10 secondes, Vingegaard portait son avance à 3 minutes et 22 secondes sur Martinez.
Vingegaard lui-même glissa une phrase chargée de sens : « À un moment, j’ai pensé que ça ressemblait à la route où j’avais chuté l’année dernière. C’est bien de prendre ma revanche aujourd’hui. »
Classement général final
- Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike) — vainqueur
- Daniel Felipe Martinez (Red Bull-BORA-hansgrohe) — à 4’23 »
- Georg Steinhauser (EF Education EasyPost) — à 6’07 »
- Kévin Vauquelin — à 6’24 »
Vingegaard s’adjuge également le maillot à pois du meilleur grimpeur. Georg Steinhauser repart avec le classement du meilleur jeune, tandis qu’INEOS Grenadiers décroche le classement par équipes.
La dernière étape : une victoire française
La 8e étape autour de Nice a offert un beau bouquet final. Sur la Côte du Linguador, Vingegaard tenta encore une attaque, emportant dans sa roue le Français Lenny Martinez (Bahrain Victorious). Dans le sprint à deux, le Cannois prit le dessus pour s’offrir une victoire grandiose à domicile. Un épilogue généreux.
Une domination historique
La marge de 4’23 » inscrit Vingegaard dans les annales de la Course au Soleil. Personne n’avait gagné avec un tel écart depuis 1939. Pour Visma-Lease a Bike, ce sacre constitue le troisième succès consécutif sur Paris-Nice.
Vingegaard a mis des mots sur sa satisfaction : « Ça compte vraiment beaucoup pour moi de gagner Paris-Nice. C’était la course que je n’arrivais jamais à bien faire. Maintenant, enfin, je m’en sors bien, et ça me rend extrêmement heureux. »
Tour de France 2026 : le message est passé
Cette Paris-Nice n’était pas qu’une course de début de saison. C’était une déclaration de guerre adressée à tout le peloton mondial. Pogacar, Evenepoel — les rivaux ont vu de quoi Vingegaard est capable en mars. Le Danois vise le doublé Giro d’Italia – Tour de France.
« Je crois que faire le doublé me rendra plus fort pour le Tour de France », a-t-il confié. Après cette semaine dans les Alpes et le Massif Central, Jonas Vingegaard s’impose comme le grand favori du Tour 2026. La Course au Soleil n’était que le lever de rideau.






