Accueil / Football / Coupe du Monde / FIFA-UEFA : Infantino renonce à la privatisation, l’UEFA affirme avoir « perdu confiance »

FIFA-UEFA : Infantino renonce à la privatisation, l’UEFA affirme avoir « perdu confiance »

Gianni Infantino, président de la FIFA, devant le trophée de la Coupe du Monde

Gianni Infantino renonce dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2026 à son projet d’ouvrir la FIFA aux investisseurs privés, après la menace de boycott de l’UEFA. Quelques heures plus tard, l’instance européenne affirme dans un communiqué avoir « perdu la confiance » en la direction de la FIFA.

Qu’est-ce que le FIFA Forward Enterprise, le projet abandonné par Infantino ?

La FIFA Forward Enterprise (FFE) est la structure commerciale que Gianni Infantino voulait créer pour ouvrir jusqu’à 20 % du capital de ses compétitions, Coupe du Monde comprise, à des investisseurs privés. L’objectif affiché : lever 4,2 milliards de dollars pour porter le financement du développement du football mondial à plus de 10 milliards de dollars sur quatre ans.

Le fonds pressenti pour porter l’opération, Thrive Eternal, est lié à Joshua Kushner, le frère de Jared Kushner, lui-même gendre de Donald Trump. En échange de leur soutien, les 211 fédérations membres se voyaient promettre une enveloppe exceptionnelle de 20 millions de dollars début 2027, puis des hausses annuelles de dotation comprises entre 8 et 20 millions de dollars jusqu’en 2030. Infantino avait donné jusqu’au 19 septembre aux fédérations pour se prononcer sur le projet.

Pourquoi l’UEFA a-t-elle fait plier la FIFA ?

L’UEFA et ses 55 fédérations membres votent à l’unanimité, le 30 juillet 2026, en session d’urgence, le principe d’un boycott des compétitions FIFA, Mondial inclus, tant que le projet resterait sur la table. La confédération européenne dénonce alors des « manœuvres secrètes menées à un rythme effréné », comme nous le racontions lors de l’éclatement de la crise fin juillet.

D’autres confédérations emboîtent le pas. La Concacaf, qui représente 41 fédérations d’Amérique du Nord et centrale, rejette la proposition. L’AFC, en Asie, déplore l’absence de « large consensus ». La Conmebol réclame des précisions supplémentaires côté sud-américain. Seules la CAF et l’OFC adoptent une position plus conciliante, appelant à « examiner » le projet plutôt qu’à le rejeter en bloc.

Face à cette fronde inédite, Gianni Infantino capitule dans la nuit du vendredi 31 juillet au samedi 1er août. « Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, il est devenu clair que le projet a créé des divisions », reconnaît le président de la FIFA dans un communiqué, avant d’ajouter : « Notre but a toujours été, et sera toujours, d’unir et de progresser. »

Les chiffres du projet abandonné

📊 FIFA Forward Enterprise, le projet abandonné
Montant à lever auprès des investisseurs4,2 Md$
Financement visé sur 4 ans (2027-2030)10 Md$
Part maximale cédée aux investisseurs20 %
Enveloppe exceptionnelle par fédération (2027)20 M$
Hausse annuelle des dotations (2027-2030)8 à 20 M$
Fédérations membres FIFA concernées211

Chiffres selon la FIFA et les communiqués de l’UEFA, de la Concacaf et de l’AFC.

Que dit exactement le communiqué de l’UEFA contre Gianni Infantino ?

Quelques heures après le recul d’Infantino, l’UEFA publie samedi 1er août à la mi-journée un communiqué qui enfonce le clou : l’instance affirme avoir « perdu la confiance » en la « direction actuelle de la FIFA », visant directement son président.

« Nous ne pouvons pas continuer ainsi, avec des manœuvres secrètes menées à un rythme effréné, orchestrées par des personnes sans visage et dont l’intérêt pour le sport est douteux. Nous devons identifier les responsables et leur demander des comptes. »

— Communiqué de l’UEFA, 1er août 2026

L’UEFA y remercie « supporters, ligues, clubs, joueurs, individus, associations et confédérations », ainsi que les « nombreux Premiers ministres, chefs d’État et commentateurs qui ont démontré au président de la FIFA que le football n’est pas à vendre ». L’instance dit vouloir travailler avec l’ensemble de ses associations et les autres confédérations pour « analyser les circonstances de cet événement et élaborer un plan visant à éviter qu’il ne se reproduise ».

Contrairement à ce qu’ont relayé certains comptes dans la foulée de l’annonce, l’UEFA ne réclame à aucun moment la démission explicite de Gianni Infantino dans son communiqué. Le message reste en revanche sans ambiguïté sur la perte de confiance, et se conclut sur un avertissement : « La proposition a été rejetée. Mais l’histoire ne doit pas s’arrêter là. Le travail de reconstruction de la confiance en la FIFA ne fait que commencer. »

Ce recul en dit long sur le rapport de force qui vient de basculer au sommet du football mondial. Depuis son élection en 2016, Infantino avait imposé ses réformes les unes après les autres : calendrier international saturé, Coupe du Monde des clubs élargie, Mondial à 48 équipes, sans jamais se heurter à une opposition aussi frontale et coordonnée entre confédérations. Là, un projet financier a sauté en moins d’une semaine, sous la pression conjointe de l’UEFA, de la Concacaf et de l’AFC. La FIFA ne dicte plus ses arbitrages comme avant : elle doit désormais les négocier.

Et maintenant ? Ce que cette crise change avant l’élection FIFA de mars 2027

L’élection à la présidence de la FIFA est programmée pour mars 2027, et Gianni Infantino reste à ce jour le seul candidat déclaré à sa propre succession. La crise de confiance ouverte avec l’UEFA, à moins d’un an du scrutin, fragilise malgré tout sa position, au moment où il cherchait justement à asseoir son autorité financière sur l’instance.

L’UEFA a prévenu qu’elle continuerait de surveiller de près les prochaines décisions de la FIFA. Le chantier du financement du football mondial reste légitime sur le fond, vu les besoins réels des petites fédérations, mais il faudra le retravailler sous une forme plus transparente pour espérer aboutir un jour. Reste à savoir si d’autres candidatures émergent d’ici mars 2027, ou si Infantino conserve assez de soutiens en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud pour rester seul en lice malgré l’épisode.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le FIFA Forward Enterprise, le projet abandonné par Infantino ?

C’est une structure commerciale que la FIFA voulait créer pour céder jusqu’à 20 % du capital de ses compétitions, dont la Coupe du Monde, à des investisseurs privés comme le fonds Thrive Eternal, afin de lever 4,2 milliards de dollars.

Pourquoi l’UEFA s’est-elle opposée au projet de la FIFA ?

L’UEFA et ses 55 fédérations membres ont voté à l’unanimité, le 30 juillet 2026, la menace de boycotter les compétitions FIFA, Mondial inclus, tant que le projet resterait sur la table, dénonçant des « manœuvres secrètes ».

L’UEFA a-t-elle demandé la démission de Gianni Infantino ?

Non, pas explicitement. Dans son communiqué du 1er août 2026, l’UEFA affirme avoir « perdu la confiance » en la direction actuelle de la FIFA et réclame des comptes, sans exiger formellement son départ.

Quand aura lieu la prochaine élection à la présidence de la FIFA ?

L’élection est prévue en mars 2027. Gianni Infantino reste à ce jour le seul candidat déclaré à sa propre succession, malgré la crise de confiance ouverte avec l’UEFA.

Étiquetté :
Scores en direct

Aucun match en cours.

Suivez-nous