L’UEFA a dévoilé le 10 août 2026 « Clear Line », une plateforme publique qui réunit plus de 150 situations d’arbitrage commentées pour harmoniser l’usage de l’assistance vidéo dans ses compétitions. Portée par Roberto Rosetti, responsable de l’arbitrage à l’UEFA, la réforme doit recentrer le VAR sur les seules erreurs « claires et évidentes » dès la saison 2026-2027.
Qu’est-ce que Clear Line, la nouvelle plateforme VAR de l’UEFA ?
Clear Line est une plateforme en ligne lancée par l’UEFA le 10 août 2026. Elle réunit plus de 150 situations d’arbitrage et plus de 100 séquences vidéo commentées, bâties sur huit années de données VAR, pour expliquer précisément quand l’assistance vidéo doit intervenir, et surtout quand elle ne doit pas intervenir.
Jusqu’ici, l’UEFA briefait ses arbitres environ quatre fois par saison via des sessions vidéo internes. Clear Line élargit cette doctrine à un public bien plus large : joueurs, entraîneurs, dirigeants de clubs, journalistes et supporters peuvent désormais consulter le même référentiel que les arbitres eux-mêmes. La plateforme détaille cinq familles de décisions : penalties, cartons rouges, fautes offensives, décisions factuelles et erreurs d’identité. Chacune est illustrée par des vidéos commentées dans un langage volontairement accessible, loin du jargon réglementaire habituel.
« Il s’agit d’une bibliothèque, d’une structure, d’un document où nous expliquons quand et comment le VAR va intervenir. »
— Roberto Rosetti, responsable de l’arbitrage à l’UEFA
Rosetti la présente avant tout comme « un guide pour tous les gens du football », pas comme un manuel réservé aux arbitres. Selon les échos de sa présentation, détaillés sur le site officiel de l’UEFA, il verrait volontiers Clear Line devenir la référence vers laquelle se tournent supporters et médias après une soirée de Ligue des champions contestée, pour comparer une situation litigieuse aux cas déjà répertoriés dans la bibliothèque.
Quand la réforme VAR de l’UEFA entre-t-elle en vigueur ?
La nouvelle doctrine VAR de l’UEFA s’applique dès la saison 2026-2027, qui démarre en Ligue des champions, Europa League et Conference League en septembre. Elle découle d’un accord trouvé fin juillet-début août 2026 entre l’UEFA, l’IFAB (gardien des Lois du jeu) et les 55 fédérations nationales européennes.
La décision a été actée lors d’une réunion réunissant notamment les directeurs de l’arbitrage d’Angleterre, d’Espagne, d’Allemagne, de France et d’Italie, aux côtés de Roberto Rosetti et de David Elleray, directeur technique de l’IFAB. Les cinq grands championnats domestiques (Premier League, Liga, Bundesliga, Serie A, Ligue 1) étaient donc représentés directement à la table des discussions, même si chaque fédération nationale reste libre d’adopter ou non Clear Line comme référentiel dans son propre championnat. Au menu de cette rencontre : le cadre d’intervention du VAR, mais aussi une série de mesures pour augmenter le temps de jeu effectif (normes plus strictes sur les six mètres, les remises en jeu, les remplacements et les arrêts de jeu), ainsi qu’un dialogue renforcé entre arbitres et capitaines, sur le modèle testé à l’Euro 2024.
Qu’est-ce qui change concrètement pour les arbitres ?
Le changement central tient en une phrase : le VAR ne doit plus intervenir que pour une erreur « claire et évidente », jamais pour re-arbitrer à la loupe une action limite. L’UEFA décourage désormais les révisions vidéo qui s’éternisent, au-delà d’environ 90 secondes, jugées nuisibles à la crédibilité de l’arbitrage.
Roberto Rosetti a résumé cette philosophie de façon imagée.
« C’est du football, pas de la PlayStation. Nous devons être très, très prudents. »
— Roberto Rosetti, responsable de l’arbitrage à l’UEFA
L’ancien arbitre international italien assume une ligne dure : « nous ne sommes plus satisfaits de ce type d’utilisation du VAR », a-t-il déclaré, en expliquant vouloir « revenir à l’origine du VAR », c’est-à-dire aux erreurs manifestes du niveau de la main de Maradona en 1986 ou du hors-jeu non sifflé de Thierry Henry en 2010, et non aux contacts millimétrés disséqués image par image.
| Avant | Dès 2026-2027 |
|---|---|
| Seuil d’intervention | |
| Erreur « claire et évidente » en théorie, application inégale selon les pays | Seuil resserré et harmonisé via un référentiel commun de 150+ cas validé par 55 fédérations |
| Durée des révisions | |
| Contrôles parfois longs et minutieux | Révisions au-delà d’environ 90 secondes découragées |
| Accès à la doctrine | |
| Briefings vidéo internes, ~4x/saison, réservés aux arbitres | Plateforme publique en ligne, consultable par clubs, joueurs, journalistes, fans |
| Philosophie affichée | |
| Proche de l’usage extensif observé lors de la Coupe du monde 2026 | Volonté assumée de s’en démarquer : « ne pas re-arbitrer le match » |
Éléments de comparaison établis à partir des déclarations de l’UEFA et de Roberto Rosetti, août 2026.
Pourquoi cette réforme maintenant ? Le contexte de la Coupe du monde 2026
Cette clarification intervient quelques semaines après une Coupe du monde 2026 marquée par plusieurs polémiques arbitrales, la FIFA étant critiquée pour un usage du VAR jugé plus intrusif que le cadre fixé par l’IFAB. L’UEFA veut clairement s’en démarquer avant le coup d’envoi de sa propre saison. Le sujet de l’arbitrage international avait déjà fait polémique avant même le tournoi, avec le refus de visa opposé à l’arbitre somalien Omar Artan à la veille du Mondial.

Plusieurs observateurs y voient une prise de distance assumée vis-à-vis de la philosophie FIFA, dans un climat institutionnel déjà tendu entre les deux organisations : l’UEFA a récemment affirmé avoir « perdu confiance » dans la gouvernance de Gianni Infantino sur d’autres dossiers, une tension déjà visible dans la lettre commune envoyée avec l’AFC et la Concacaf pour réclamer une enquête indépendante. Rosetti n’a pas caché son agacement face à des révisions qu’il juge parfois déconnectées du jeu lui-même.
Au-delà de l’outil pédagogique, Clear Line acte surtout une divergence assumée entre les deux grandes juridictions du football mondial. À partir de cette saison, une situation de jeu similaire pourra être traitée différemment selon qu’elle se produit en Ligue des champions ou lors d’une compétition FIFA : même Loi du jeu, doctrine d’application distincte. Pour le spectateur, cela revient à apprendre à composer avec deux logiques VAR selon la compétition regardée, une nuance qui pourrait à terme alimenter davantage de confusion que de clarté si les deux instances ne finissent pas par se coordonner.
Et maintenant ?
Clear Line est pensée comme un outil vivant, mis à jour au fil des situations nouvelles ou des zones d’ombre identifiées en cours de saison. Son premier vrai test grandeur nature aura lieu dès les premières journées de la Ligue des champions 2026-2027, en septembre. Reste à savoir si le nombre d’interventions VAR et la durée moyenne des révisions baisseront réellement sur une saison complète. L’UEFA n’a pour l’instant pas précisé si des bilans chiffrés réguliers seraient communiqués.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la plateforme Clear Line de l’UEFA ?
Clear Line est une plateforme en ligne lancée par l’UEFA le 10 août 2026, qui réunit plus de 150 situations d’arbitrage commentées et plus de 100 vidéos pour expliquer quand le VAR doit intervenir. Elle est accessible à tous, pas seulement aux arbitres.
Quand la réforme VAR de l’UEFA entre-t-elle en vigueur ?
La nouvelle doctrine s’applique dès la saison 2026-2027, qui démarre en septembre en Ligue des champions, Europa League et Conference League, après un accord entre l’UEFA, l’IFAB et les 55 fédérations européennes.
Quelles compétitions sont concernées par Clear Line ?
Clear Line couvre les compétitions interclubs de l’UEFA (Ligue des champions, Europa League, Conference League) et sert de référentiel commun proposé aux championnats domestiques des 55 fédérations membres pour harmoniser leurs propres pratiques VAR.
Qui est Roberto Rosetti ?
Roberto Rosetti est l’ancien arbitre international italien qui dirige aujourd’hui l’arbitrage à l’UEFA. Il porte la réforme Clear Line et défend un usage du VAR limité aux seules erreurs claires et évidentes.
Le VAR va-t-il être moins utilisé avec cette réforme ?
C’est l’objectif affiché par l’UEFA : réduire les interventions aux seules erreurs manifestes et raccourcir les révisions, généralement jugées trop longues au-delà de 90 secondes. Le bilan réel ne sera mesurable qu’au fil de la saison 2026-2027.








