Mohamed Sanhadji, responsable de la logistique et de la sécurité de l’équipe de France, a été mis en examen le 16 septembre 2026 dans une information judiciaire ouverte à Paris. Une mise en examen n’est pas une condamnation : il est présumé innocent. Ce que l’on sait de l’affaire Sanhadji, entre faits établis, informations de presse et réactions.
Mis à jour le 1er octobre 2026. Cet article sera actualisé à mesure des éléments confirmés par le parquet ou la justice.
Les dates clés
- Juin 2023 : chèque de 60 300 euros remis à Mohamed Sanhadji ;
- juillet 2024 : signalement à Tracfin par un banquier ;
- janvier 2026 : ouverture d’une information judiciaire ;
- 16 septembre 2026 : mise en examen ;
- 18 septembre 2026 : communication du parquet de Paris.
Qui est Mohamed Sanhadji, l’homme de confiance des Bleus ?
Selon la presse, Mohamed Sanhadji est un ancien policier, chargé de la sécurité de l’équipe de France de 2004 à décembre 2025, puis recruté par la Fédération française de football (FFF) pour la logistique et la sécurité du groupe, notamment pour la Coupe du monde 2026. Il est surnommé « La République » par les joueurs et le staff, selon L’Équipe, et « Momo » dans l’univers des Bleus.
Selon la presse, officier de police mis à disposition de la FFF, il a traversé les changements de sélectionneur depuis l’ère Domenech. Son rôle dépasse la protection au sens strict : il est présenté par la presse comme un interlocuteur de confiance des joueurs et du staff, présent à chaque rassemblement. C’est ce qui donne à l’affaire sa résonance dans le milieu des Bleus.
D’après franceinfo, il avait dû prendre une retraite anticipée de la police nationale, sanctionné après avoir reçu un don de 60 300 euros de Kylian Mbappé sans en avertir sa hiérarchie. La FFF l’avait ensuite recruté directement, et il figurait encore dans l’encadrement des Bleus avant sa mise en examen.
Que sait-on de sa mise en examen ?
Mohamed Sanhadji a été mis en examen le mercredi 16 septembre 2026 par des juges d’instruction, ce que le parquet de Paris a communiqué le vendredi 18 septembre. Les qualifications retenues à ce stade sont notamment la corruption de personne dépositaire de l’autorité publique, le recel de détournement de fonds publics, le trafic d’influence, l’escroquerie et le blanchiment de fraude fiscale.
Ces qualifications décrivent les soupçons retenus par les magistrats instructeurs au début de l’instruction. Elles ne valent ni déclaration de culpabilité ni jugement sur le fond. À ce stade, le dossier en est à l’instruction.
Selon le parquet de Paris, le contrôle judiciaire imposé à Mohamed Sanhadji comprend les obligations suivantes (cadre légal du contrôle judiciaire) :
- un cautionnement de 80 000 euros ;
- l’interdiction d’entrer en contact avec les joueurs des sélections nationales actuelles et passées, le staff actuel, les sélectionneurs actuels et passés, ainsi que les présidents et personnels actuels et passés de la FFF ;
- l’interdiction, sauf autorisation expresse du magistrat, de se rendre au siège de la FFF, à Clairefontaine, au Stade de France et au Parc des Princes ;
- l’interdiction d’exercer toute activité de police nationale et toute activité professionnelle dans le sport professionnel.
D’où part l’enquête ?
L’enquête part d’un chèque de 60 300 euros remis en juin 2023 à Mohamed Sanhadji par Kylian Mbappé, prélevé sur sa prime de la Coupe du monde 2022. Ce versement, présenté comme un « don d’usage », a été signalé en juillet 2024 par un banquier à Tracfin, la cellule de renseignement financier de Bercy, selon franceinfo et l’AFP.
Une enquête judiciaire a d’abord été ouverte pour travail dissimulé et blanchiment de fraude fiscale. Une information judiciaire, confiée à des juges d’instruction, a ensuite été ouverte en janvier 2026. Dans les éléments rendus publics, Kylian Mbappé apparaît comme l’auteur du don à l’origine du dossier. Aucune des sources consultées ne le présente comme mis en cause.
Que rapporte la presse, et qu’est-ce qui reste à établir ?
Dans une enquête publiée le 30 septembre, L’Équipe affirme que Mohamed Sanhadji aurait « frôlé la détention provisoire » et le décrit comme soupçonné d’avoir abusé de ses fonctions. Cette qualification est celle du journal, pas celle d’une juridiction. Nous ne reprenons ici que les éléments confirmés par ailleurs ou clairement attribués.
D’autres informations attribuées à L’Équipe ont été relayées par plusieurs médias. Des sommes dépassant 300 000 euros, versées entre 2020 et 2024 par plusieurs joueurs ou anciens joueurs, auraient été examinées par les enquêteurs, avec des avantages en nature en plus. Ces éléments n’ont été confirmés ni par le parquet ni par une décision de justice. Ils relèvent, à ce stade, d’allégations rapportées par un média.
Plusieurs points restent à établir : la nature exacte de chacun des versements, leur éventuel lien avec les fonctions de Mohamed Sanhadji et la qualification que les juges retiendront, ou non, au terme de l’instruction. Celle-ci peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années.
Quelles réactions de la FFF et de l’intéressé ?
La Fédération a indiqué qu’elle ne commentait pas une procédure judiciaire en cours mais qu’elle en tirerait les conséquences à l’égard de l’intéressé, évoquant aussi une constitution de partie civile, selon les médias qui ont relayé sa réaction. Selon les obligations détaillées par le parquet, il ne peut plus approcher le groupe, et d’après les informations disponibles le premier rassemblement de l’ère Zidane s’est tenu sans lui.
À la date de cet article, aucune déclaration publique de Mohamed Sanhadji ou de son avocat n’a été relayée dans les sources consultées. Il bénéficie de la présomption d’innocence, et sa version des faits devra être entendue avant toute conclusion.
Que va-t-il se passer après la mise en examen ?
L’instruction se poursuit sous la direction des juges d’instruction et peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années. Du côté sportif, les Bleus poursuivent leur campagne de Ligue des nations avec le groupe retenu pour la première liste de Zidane, mais l’organisation du staff, elle, doit être repensée : selon les informations disponibles, le poste de responsable sécurité et logistique est vacant, et la désignation d’un nouveau coordinateur n’avait pas encore été annoncée au moment des premières réactions.
Au-delà du dossier judiciaire, l’affaire pose une question de fonctionnement. Un poste à la jonction de la sécurité, de la logistique et de la vie privée des joueurs repose sur la confiance, donc sur une grande part d’informel. Pour la Fédération, la difficulté sera de conserver ce lien de proximité tout en le dotant de règles claires. C’est notre lecture, et non un constat des enquêteurs.
Questions fréquentes
Qui est Mohamed Sanhadji ?
Mohamed Sanhadji est un ancien policier qui a assuré la sécurité de l’équipe de France de 2004 à décembre 2025, avant d’être recruté par la FFF pour la logistique et la sécurité. Il est surnommé « La République » par les joueurs, selon L’Équipe.
De quoi Mohamed Sanhadji est-il mis en examen ?
Il est notamment mis en examen pour corruption, trafic d’influence, recel de détournement de fonds publics, escroquerie et blanchiment de fraude fiscale, selon le parquet de Paris. Ces qualifications correspondent à des soupçons à ce stade de l’instruction, pas à une condamnation.
Mohamed Sanhadji est-il condamné ?
Non. Une mise en examen ouvre l’instruction et ne préjuge pas de la culpabilité. Mohamed Sanhadji bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle condamnation définitive.
Kylian Mbappé est-il mis en cause dans cette affaire ?
Non. Selon franceinfo et l’AFP, Kylian Mbappé est à l’origine d’un don de 60 300 euros, présenté comme un « don d’usage », qui a été signalé à Tracfin en juillet 2024. Aucune des sources consultées ne le présente comme mis en cause.
Que va faire la FFF ?
La FFF dit ne pas commenter une procédure en cours, mais indique qu’elle en tirera les conséquences à l’égard de Mohamed Sanhadji et évoque une constitution de partie civile. Le contrôle judiciaire lui interdit déjà d’approcher le groupe et les installations fédérales.
Sources consultées au 1er octobre 2026 : communiqué du parquet de Paris du 18 septembre 2026, franceinfo, AFP, L’Équipe (enquête du 30 septembre 2026).








