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Manchester City coupable de 114 accusations : ce que risque le club maintenant

Façade de l'Etihad Stadium de Manchester City, visé par des sanctions de la Premier League

Manchester City a été reconnu coupable de 114 des 115 accusations portées par la Premier League, selon la décision de la commission indépendante publiée le mardi 29 septembre 2026. Le club, qui nie toute faute, a jusqu’à ce vendredi 2 octobre pour faire appel. Les sanctions, elles, seront fixées lors d’une audience séparée : amende, retrait de points, voire relégation. Voici ce que risque vraiment Manchester City.

De quoi Manchester City a-t-il été reconnu coupable ?

La commission indépendante a jugé Manchester City coupable de l’intégralité des 80 accusations financières portant sur les saisons 2009-2010 à 2017-2018, et de 34 des 35 accusations de défaut de coopération avec l’enquête de la Premier League. Au total, 114 accusations sur 115 sont retenues.

Le cœur du dossier porte sur des contrats de sponsoring signés avec des partenaires d’Abu Dhabi. D’après la déclaration officielle de la Premier League, ces sponsors ne payaient qu’une partie des montants inscrits dans les contrats. Le reste était versé par Abu Dhabi United Group (ADUG), la société du propriétaire Cheikh Mansour. La commission parle de contrats « fictifs » (sham, dans le texte) et d’un « système de financement déguisé ».

Selon la décision de la commission, les revenus du club ont été surévalués de plus de 830 millions de livres sur la période. En ajoutant les dépenses sorties des comptes (rémunérations complémentaires payées par ADUG, montage autour des droits à l’image avec la société Fordham), la Premier League évalue l’ensemble à plus de 900 millions de livres. La commission conclut que le club a « clairement voulu contourner » le règlement.

Quelle est la seule accusation non retenue ?

La seule accusation écartée est la sous-accusation 4(B), qui fait partie du bloc consacré au défaut de coopération. La commission écrit que le club « n’a pas manqué » à ses devoirs de coopération sur les points visés par ce chef. Le contenu précis de la 4(B) reste caviardé dans la version publique. Sur le reste du volet coopération, le verdict est sévère : City a fait des « efforts concertés pour bloquer et entraver l’enquête », toujours selon la commission.

Manchester City a-t-il déjà fait appel ?

Manchester City a annoncé son intention de faire appel, et la Premier League lui laisse jusqu’au vendredi 2 octobre 2026 pour exercer ce droit. À l’heure où nous publions, ce vendredi 2 octobre 2026, aucune confirmation officielle du dépôt n’a été rendue publique, ni par le club ni par la ligue.

Dans son communiqué publié mardi, City se dit « à la fois déçu et surpris » par la décision et répète être « innocent des accusations » de la Premier League.

« Le club sera donc implacable, et proactif si nécessaire, devant toutes les instances réglementaires et juridiques appropriées. »

Communiqué de Manchester City, 29 septembre 2026

Le directeur général Ferran Soriano est allé plus loin dans une vidéo interne adressée aux salariés, révélée par Sky News. Il y affirme que tout le dossier repose sur « une seule fausse accusation : l’idée que l’argent personnel du propriétaire aurait été injecté secrètement dans le club via des sponsors d’Abu Dhabi ». Selon Sky Sports, la défense en appel plaidera que les compléments venaient du gouvernement d’Abu Dhabi et non d’ADUG. Un argument déjà présenté en 2024 et rejeté par la commission, qui l’a jugé « inventé bien après les faits ».

Quel calendrier pour l’appel et les sanctions ?

Deux procédures vont avancer en parallèle : l’appel, à déposer au plus tard le 2 octobre 2026 et à boucler en 12 semaines maximum, et l’audience de sanction, sans date fixée. Concrètement : l’appel sur la culpabilité, examiné par une nouvelle commission de trois membres, et l’audience de sanction devant la commission initiale. La Premier League veut boucler le tout le plus vite possible, idéalement avant la fin de la saison 2026-2027.

  • Le 2 octobre 2026 : date limite pour déposer l’appel.
  • Douze semaines au plus : c’est la durée de la procédure d’appel selon les nouvelles règles de la Premier League, avec une audience limitée à cinq jours (Sky Sports).
  • L’audience de sanction n’a pas encore de date. Elle restera privée jusqu’à la publication de son issue.

Les règles d’appel accéléré de la Premier League pourraient toutefois être contestées par Manchester City. Elles ne figuraient pas dans le règlement quand City a été inculpé en 2023 ni lors de l’audience de 2024. Un juriste interrogé par Sky Sports estime que le club aurait de bons arguments pour contester leur application, ce qui pourrait repousser l’issue à 2027. Autre point clé : City ne peut pas saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) dans ce dossier. Il peut en revanche se tourner vers la Haute Cour de Londres s’il estime que la procédure n’a pas été équitable.

Quelles sanctions Manchester City risque-t-il ?

Le règlement de la Premier League ne prévoit aucun barème fixe pour ce type d’infraction : la commission peut aller de l’amende au retrait de points, jusqu’à l’exclusion du championnat. Les clubs avaient volontairement refusé une grille de sanctions, de peur que certains n’enfreignent les règles en ayant déjà « budgété » la punition.

⚖️ L’échelle des sanctions possibles
AmendeSanction la plus légère, sans aucun plafond prévu par le règlement.
Retrait de pointsApplicable dès cette saison. Précédents : Everton (-6 après appel puis -2) et Nottingham Forest (-4) en 2023-2024.
RelégationSeulement par le biais d’un retrait de points assez lourd pour faire chuter City dans la zone rouge.
ExclusionCity ne serait plus membre de la Premier League. Son retour dans la pyramide dépendrait de la FA et de l’EFL, dont le règlement place tout nouveau membre en League Two.
TitresAucune règle automatique. Trois titres de champion (2012, 2014, 2018) ont été remportés pendant la période visée.

Sources : Premier League, Sky Sports.

Le scénario d’une exclusion de Manchester City pose un casse-tête inédit. Sky Sports rappelle qu’une exclusion n’équivaut pas à une relégation : City devrait demander sa réintégration à la Fédération anglaise, et toute entrée au-dessus de la League Two devrait être votée par les 72 clubs de l’EFL. La Premier League se retrouverait, elle, avec 19 clubs. Plus vraisemblable, un retrait de points massif ferait peser la menace d’une relégation sportive sur le leader actuel du championnat. Le classement de la Premier League pourrait alors être bouleversé en pleine saison.

Pourquoi le précédent UEFA de 2020 ne protège plus City ?

En février 2020, l’UEFA avait exclu Manchester City des coupes d’Europe pour deux saisons et lui avait infligé 30 millions d’euros d’amende pour des faits proches, liés au fair-play financier. En juillet 2020, le TAS avait levé l’exclusion et ramené l’amende à 10 millions d’euros, une partie des faits étant prescrits ou insuffisamment établis.

Ce précédent de 2020 nourrit l’optimisme du clan citizen, mais la situation n’a plus grand-chose à voir. La commission a rejeté toutes les objections de City sur la recevabilité des poursuites, alors que la prescription de cinq ans propre à l’UEFA avait pesé lourd devant le TAS. La commission a pu examiner neuf saisons entières, avec des millions de documents, 42 jours d’audience et environ 7 000 pages de transcriptions. Et cette fois, la porte du TAS est fermée.

À nos yeux, c’est ce qui change tout pour Manchester City. Pendant six ans, le club a pu se présenter comme le club injustement poursuivi par une UEFA maladroite. Avec ce verdict, ce récit ne tient plus : ce n’est pas une instance européenne pressée, mais un tribunal indépendant ayant épluché neuf saisons de comptes qui décrit un montage délibéré. Quelle que soit la sanction, l’ère dorée de 2012 à 2018, celle des trois titres de champion acquis pendant la période visée, portera désormais un astérisque dans la mémoire du football anglais.

Comment réagissent supporters, rivaux et partenaires ?

Les réactions oscillent entre soutien inconditionnel côté City et appel à la sévérité chez les rivaux. Pep Guardiola, entraîneur du club de 2016 à 2026, a publié un message à l’adresse des supporters : « Nous allons traverser cela ensemble. Je vous aime tous. » Côté tribunes, le Citizens Trust, association de supporters, dit « digérer » les conclusions et invite les fans à lire la décision.

Chez les concurrents de Manchester City, l’heure est aux avocats. Plusieurs clubs de Premier League ont mandaté des juristes pour étudier d’éventuelles demandes d’indemnisation, et des joueurs privés de primes de titre ou de qualification européenne consultent aussi, selon Sky Sports. Jürgen Klopp, dont Liverpool a perdu les titres 2019 et 2022 pour un point face à City, s’est montré plus mesuré que par le passé : « Je n’ai pas besoin d’être champion de Premier League quelques fois de plus. »

Le principal sponsor du club, Etihad Airways, a contre-attaqué. Dans un communiqué relayé par Sky Sports, la compagnie « rejette catégoriquement » toute conclusion suggérant son implication dans des accords commerciaux irréguliers, reproche à la Premier League de ne jamais l’avoir consultée et dit étudier ses recours juridiques. L’affaire déborde même du terrain sportif : le Premier ministre britannique Andy Burnham, ancien maire de Manchester, a refusé de prendre parti à chaud en soulignant le rôle des Émirats dans la transformation de la ville.

Et maintenant, que va-t-il se passer pour Manchester City ?

Manchester City a jusqu’au vendredi 2 octobre 2026 pour faire appel ; la procédure durera au plus 12 semaines, puis la commission fixera la sanction. Le dépôt de l’appel ouvre une période de flou sportif inédite. Manchester City, désormais entraîné par Enzo Maresca après le dernier match de Guardiola en mai, va jouer des mois avec un verdict de culpabilité sur les épaules sans connaître la facture. Si l’appel échoue, la commission fixera la sanction, et la Premier League espère refermer le dossier dès cette saison. Le directeur général de la ligue, Richard Masters, l’a résumé ainsi dans le communiqué officiel : il s’agit de « l’affaire disciplinaire la plus importante de l’histoire de la Premier League ».

Questions fréquentes

Manchester City peut-il être relégué ?

Oui, mais indirectement. La commission ne prononce pas de relégation en tant que telle : elle peut infliger un retrait de points assez lourd pour faire descendre le club. L’option la plus extrême est l’exclusion de la Premier League, qui obligerait City à demander sa réintégration à la FA et à l’EFL.

Quand la sanction de Manchester City sera-t-elle connue ?

Aucune date n’est fixée. La sanction sera décidée lors d’une audience séparée devant la commission indépendante. La Premier League souhaite conclure l’ensemble de la procédure, appel compris, avant la fin de la saison 2026-2027, mais un recours sur les règles applicables pourrait repousser l’issue à 2027.

Manchester City peut-il perdre ses titres de champion ?

Rien ne le prévoit automatiquement dans le règlement. La question est posée car trois titres de Premier League (2012, 2014 et 2018) ont été remportés pendant la période couverte par les infractions, de 2009-2010 à 2017-2018. La décision reviendra aux instances une fois la sanction connue.

Combien d’accusations ont été retenues contre Manchester City ?

114 sur 115. Les 80 accusations financières ont toutes été retenues, ainsi que 34 des 35 accusations de défaut de coopération. Seule la sous-accusation 4(B), liée à la coopération avec l’enquête, n’a pas été prouvée selon la commission indépendante.

Pourquoi City avait-il gagné contre l’UEFA en 2020 ?

Le TAS avait annulé en juillet 2020 l’exclusion européenne de deux ans prononcée par l’UEFA, car une partie des faits était prescrite ou jugée insuffisamment prouvée. L’amende avait été réduite de 30 à 10 millions d’euros. Dans la procédure Premier League, City ne peut pas saisir le TAS.

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