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Saga de Monaco : pourquoi McLaren, Red Bull et Mercedes contestent le podium de Gasly

Pierre Gasly sur le podium du Grand Prix de Monaco 2026 avec Alpine

Pierre Gasly a bien terminé 3e du Grand Prix de Monaco 2026, mais son podium est devenu le cœur d’une bataille juridique sans précédent. Après l’annulation de ses pénalités par les commissaires, McLaren puis Red Bull ont saisi la Cour d’appel internationale de la FIA, tandis que Mercedes a décroché une audience fixée au 20 juin. Récit d’un imbroglio qui menace de rejuger une course déjà terminée.

Dernière mise à jour : 18 juin 2026 — dossier suivi, prochaine échéance le 20 juin.

L’essentiel

  • Pierre Gasly (Alpine) a été réintégré 3e du GP de Monaco 2026 après l’annulation de ses deux pénalités.
  • En cause : une erreur de mesure de la FOM (2692 cm au lieu de 2615 cm) qui surestimait sa vitesse en voie des stands.
  • McLaren et Red Bull contestent et ont saisi la Cour d’appel internationale de la FIA à Paris.
  • Mercedes mène un dossier parallèle pour George Russell : audience fixée au 20 juin 2026.

Que s’est-il vraiment passé sur le podium de Monaco ?

Le classement final du Grand Prix de Monaco 2026 place Kimi Antonelli (Mercedes) vainqueur devant Lewis Hamilton (Ferrari), avec Pierre Gasly (Alpine) sur la troisième marche. Mais ce podium n’a rien d’évident : il résulte d’un retournement de situation survenu plusieurs jours après l’arrivée.

Le pilote normand franchit la ligne en 3e position le jour de la course. Sanctionné par deux pénalités distinctes de cinq secondes pour excès de vitesse dans la voie des stands, il dégringole alors à la 7e place au drapeau à damier. Alpine dépose un droit de révision, l’obtient, et les commissaires effacent les deux pénalités. Résultat : Gasly remonte 3e, et la hiérarchie derrière lui bascule.

🏎️ Classement révisé — GP de Monaco 2026
1
Kimi Antonelli
Mercedes
Vainqueur
2
Lewis Hamilton
Ferrari
+6.271s
3
Pierre Gasly
Alpine
+20.369s
4
Isack Hadjar
Red Bull
+23.394s
5
Oscar Piastri
McLaren
+24.261s

Classement officiel après annulation des pénalités de Gasly, selon la FIA et la FOM.

Les deux grands perdants de ce rétablissement ont un nom. Isack Hadjar (Red Bull), un instant crédité du premier podium de sa carrière, recule 4e. Oscar Piastri (McLaren) glisse de la 4e à la 5e place. C’est de là qu’est partie la fronde.

Pourquoi McLaren et Red Bull font-ils appel ?

McLaren puis Red Bull ont chacun déposé une notification d’appel devant la Cour d’appel internationale de la FIA, à Paris, pour contester l’annulation des pénalités de Gasly. Leur argument tient en deux mots : équité sportive.

Le raisonnement des deux écuries est limpide. Cinq pilotes au total ont été sanctionnés pour excès de vitesse dans la voie des stands ce dimanche-là, dont Piastri lui-même, pénalisé de cinq secondes pour un dépassement de 0,1 km/h seulement. Tous ont accepté leur sanction et couru en conséquence. Effacer celle de Gasly après coup reviendrait, selon eux, à récompenser un seul concurrent au détriment des autres.

« Tout en respectant pleinement les procédures judiciaires de la FIA et le rôle des commissaires, nous estimons que cette affaire soulève des questions importantes concernant l’équité sportive, la cohérence réglementaire et l’intégrité de la compétition. »

— Communiqué de McLaren

Oscar Piastri, premier concerné, a résumé le malaise en une phrase : selon lui, la décision « crée un précédent très gênant, car elle incite désormais à finir où l’on veut sur la piste, puis à contester ensuite ». Sa cible, ce n’est pas Gasly, mais le mécanisme qui a permis ce retournement.

Quelle erreur de mesure a tout déclenché ?

Le cœur du dossier est une histoire de 77 centimètres. Alpine a prouvé que la Formula One Management (FOM) avait surestimé la vitesse de Gasly en s’appuyant sur une distance erronée à l’entrée de l’unique voie des stands de Monte-Carlo.

Concrètement, le chronométrage officiel avait retenu une distance de 2692 cm entre les deux boucles de mesure de la zone concernée. Or, les relevés effectués après la course ont révélé que la distance la plus courte n’était que de 2615 cm, soit 77 cm de moins. Une différence minuscule, mais suffisante pour gonfler artificiellement la vitesse moyenne calculée et faire basculer Gasly au-dessus de la limite. La FOM a reconnu l’erreur, ce qui a convaincu les commissaires d’effacer les pénalités.

Gasly, lui, n’a jamais dévié de sa ligne : il assure être passé à 59 km/h dans la voie des stands, sous la limite, et avoir été accusé à tort d’avoir dépassé les 60 km/h. Le soir de la course, sa déception était à vif.

Pourquoi Mercedes s’invite dans la bataille ?

Mercedes mène un combat parallèle, centré sur George Russell. Le Britannique avait lui aussi écopé d’une pénalité de cinq secondes pour excès de vitesse dans la voie des stands à Monaco, mais l’a purgée de manière incorrecte, ce qui s’est transformé en drive-through et l’a éjecté des points.

Logique de l’écurie : si la mesure des vitesses était faussée pour Gasly, elle l’était peut-être aussi pour Russell. Mercedes a donc déposé son propre droit de révision. La FIA a confirmé une audience fixée au samedi 20 juin 2026 à 09h00 (heure de Paris), tenue en visioconférence et organisée en deux temps : d’abord la recevabilité de la requête, puis l’existence d’un élément nouveau significatif qui n’était pas disponible au moment de la décision initiale.

« On ouvre la boîte de Pandore… ces 20 secondes remettraient George en P4. »

— Toto Wolff, directeur de Mercedes

La formule de Wolff dit tout de l’effet domino. Chaque pénalité effacée déplace plusieurs pilotes, et la moindre décision favorable à une écurie en lèse mécaniquement une autre.

Ce que cette affaire révèle vraiment

Au-delà du cas Gasly, Monaco 2026 expose une faille structurelle : la F1 n’a aucun mécanisme pour « figer » un résultat de course quand l’instrument de mesure lui-même est pris en défaut. D’un côté, on ne peut pas laisser un pilote sanctionné sur des données fausses. De l’autre, rouvrir le classement plusieurs jours après ouvre la porte à une cascade de recours où chaque écurie défend sa propre comptabilité. Le vrai procès qui se joue à Paris n’est pas celui de Gasly : c’est celui de la fiabilité du chronométrage et de la capacité de la FIA à trancher sans donner l’impression d’un résultat à géométrie variable.

🗓️ Le calendrier de la procédure
20 juin 2026Audience du droit de révision de Mercedes (cas George Russell), en visioconférence à 9h00 heure de Paris.
Plusieurs semainesExamen des appels de McLaren et Red Bull par la Cour d’appel internationale de la FIA, à Paris.

Et maintenant ?

Deux échéances rythment la suite. Le 20 juin, les commissaires examinent la requête de Mercedes sur le cas Russell. En parallèle, la Cour d’appel internationale de la FIA étudiera à Paris les recours de McLaren et Red Bull, un processus qui peut prendre plusieurs semaines.

Trois scénarios restent ouverts : la Cour confirme le podium de Gasly et clôt l’affaire, elle rétablit les pénalités et renvoie l’Alpine au fond du classement, ou elle impose une relecture globale des sanctions de Monaco. Tant que Paris n’a pas tranché, la 3e place du Grand Prix reste juridiquement suspendue.

Questions fréquentes

Pourquoi Gasly a-t-il récupéré son podium à Monaco ?

Alpine a prouvé que la FOM avait calculé la vitesse de Gasly sur une distance de 2692 cm au lieu des 2615 cm réels, surestimant sa vitesse dans la voie des stands. La FOM a reconnu l’erreur et les commissaires ont annulé ses deux pénalités de cinq secondes, le ramenant de la 7e à la 3e place.

Pourquoi McLaren et Red Bull contestent-ils la décision ?

Les deux écuries invoquent l’équité sportive. Cinq pilotes avaient été sanctionnés pour excès de vitesse dans la voie des stands ; effacer la seule pénalité de Gasly après la course pénaliserait, selon elles, les concurrents qui ont accepté la leur. Elles ont saisi la Cour d’appel internationale de la FIA.

Qui a gagné le Grand Prix de Monaco 2026 ?

Kimi Antonelli (Mercedes) a remporté le Grand Prix de Monaco 2026 devant Lewis Hamilton (Ferrari) et Pierre Gasly (Alpine). Ce résultat reste toutefois soumis aux appels en cours devant la FIA.

Quel est le rapport entre Mercedes et l’affaire Gasly ?

Mercedes mène un dossier distinct concernant George Russell, lui aussi pénalisé pour excès de vitesse dans la voie des stands. L’écurie estime que la même erreur de mesure a pu le léser et a obtenu une audience de révision le 20 juin 2026.

Quand la décision finale sera-t-elle connue ?

L’audience Mercedes a lieu le 20 juin 2026. Les appels de McLaren et Red Bull devant la Cour d’appel internationale, eux, peuvent demander plusieurs semaines avant un verdict définitif sur le classement.

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